La Touraine, dans les pas de saint Martin
Martin, un européen avant l'heure !
Aujourd'hui, plus de 3700 églises et 220 communes portent le nom de Martin en France. Et la Touraine ? Elle reste pétrie de souvenirs. Partout, chapelles, vignobles, sentiers racontent une histoire liée à ce grand voyageur, européen avant l'heure (il est né en Hongrie, puis fut légionnaire) romain. Pour en prendre toute la mesure, il faut emprunter l'un des trois chemins de randonnée mis en place par le Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours qui sillonnent la Touraine et raconte un épisode marquant de sa vie.
3 sentiers de randonnées « Martin de Tours »
Labellisées Grand Itinéraire Culturel du Conseil de l'Europe, ces routes passent par des villages, abbayes, ponts et fontaines qui tous flirtent avec la mémoire de saint Martin. Ainsi l'on y découvre comment lui, « l'évangélisateur des campagnes », fonda les six premières églises rurales à Candes (devenu aujourd'hui Candes- Saint-Martin), Amboise, Langeais, Ciran, Tournon-Saint-Pierre et Saunay. A Marmoutier, tout près de Tours, on imagine dans un silence emprunt de spiritualité, l'importance qu'eut ce monastère créé à flanc de coteau par celui qui allait devenir l'évêque de Tours.
Le premier vigneron de Touraine !
Depuis peu, l'abbaye de Marmoutier est d'ailleurs ouverte à la visite. Même si les aléas de l'histoire la malmenèrent, elle dégage une troublante vibration et raconte bien des histoires. L'une d'entre elles explique comment l'âne de Martin brouta les pieds de vignes du clos de l'Abbaye de Marmoutier et enseigna du coup aux hommes, la taille de la vigne.Une vigne introduite d'ailleurs dans la région par Martin. Une autre légende raconte en effet qu'il ramena de Hongrie un cep qu'il mit dans un os d'oiseau pour le transporter, puis dans un os de lion et d'âne au fur et à mesure que celui-ci grandit. Une fois arrivé à Vouvray, il le planta donnant ainsi naissance au vignoble tourangeau. Aujourd'hui, il faut se balader sur ces coteaux vineux, filer du côté de Bourgueil, Chinon mais aussi bien sûr à Vouvray, dans ce fameux clos de Rougemont où furent replantés quelque 12 000 pieds de vigne en hommage au saint homme.
Une figure, encore aujourd'hui, indissociable de Tours.
Autre lieu incontournable, autre expérience : Tours. Présent sur tous les fronts, Martin donna à la ville une aura qui, aujourd'hui encore, continue de rayonner. Ce ne sont pas les pèlerins qui chaque année se rendent sur son tombeau situé au cœur de la basilique Saint-Martin qui diront le contraire. Ni même ceux qui poussent plus loin l'exploration et se perdent dans le lacis des petites rues du Vieux Tours. Au cœur de la Martinopole, Tours se souvient. Comme un phare gardien de ces souvenirs, la Tour Charlemagne est devenu le symbole de la présence de saint Martin dans la ville. Une tour qui d'ici quelques temps pourrait bien offrir un autre regard sur cette épopée, puisqu'un grand projet d'ouverture au public est à l'étude.
Martiniens et écocitoyens
Loin de s'arrimer aux seuls souvenirs, les projets de l'association s'ancrent dans la modernité. Ainsi la via Santi Martini se veut elle une voie verte et citoyenne. Chacun des trois parcours se fait un vecteur du tourisme responsable avec la mise en place prochainement de chantiers participatifs, d'une sensibilisation à la biodiversité… En plus d'être des sentiers de randonnée, les itinéraires « Saint-Martin » veulent renouer avec la spiritualité, l'éthique. Pour une autre façon de voyager en parfait accord avec celui qui leur donne l'inspiration, saint Martin.
« L'Auberge du XIIe siècle », à Saché.

L'enfant du pays touche les étoiles.
« A Saché, j'ai usé mes fonds de culotte entre l'école et l'église. L'auberge, je passais tous les jours devant ». Thierry Jimenez est un enfant du pays alors, lorsqu'en 1998, il apprend que « cette maison de cœur en Touraine» où Balzac s'attablait, est à reprendre, il saute sur l'occasion de réaliser son « rêve de gosse ». Son complice Xavier Aubrun, avec qui il joue une partition à quatre mains depuis 1983, partage son enthousiasme. Six mois plus tard, le duo conquiert l'étoile qui brille toujours depuis : « Tous les ans, elle est à reconquérir. Il n'y a rien d'acquis. Il faut rester soi-même en cuisinant la cuisine qu'on souhaiterait manger ou offrir à ses amis. ».
Un duo de chef pour une carte alléchante.
Le plaisir avant tout et, dans le plaisir, la recherche de partage : c'est la recette de Thierry Jimenez et de Xavier Aubrun. Au premier le gibier, les volailles et les pièces de boucherie, au second le poisson et les crustacés sans que, pour autant, l'un des domaines soit interdit à l'autre : « On se fait confiance. Chacun a son idée sur un plat. Notre cuisine est faite d'instinct : une pensée ? On la met en application. » Matières premières et cuisson interagissent dans l'exaltation des saveurs et du goût : « Tout passe par la cuisson qui doit être juste » affirme Thierry Jimenez « mais, une cuisson juste passe par la qualité et la fraîcheur des produits… ». Parmentier d'andouillette, oeufs brouillés à la crème de morille, financier aux poires… Le mieux est encore d'aller y goûter, précédé par une longue histoire d'auberge tourangelle et chatouillé par la bonne odeur du feu qui crépite dans la cheminée.
Tout le charme des jardins d'automne
Si les jardins sont assez naturellement associés au printemps et aux premiers bourgeons, nombre d'entre eux atteignent en fait leur maturité en fin d'été et au début de l'automne. C'est particulièrement le cas en Touraine, où la combinaison de la fameuse lumière ligérienne, désormais plus douce, magnifie les carrés de potagers luxuriants. A Villandry, au Rivau, à Valmer ou chez nos voisins deChaumont-sur-Loire, les cucurbitacées et autres essences tardives jouent à l'harmonie des couleurs…
Au pays des châteaux, la technologie est reine.

Chenonceau, le patrimoine innove !
Chenonceau… Certains y viennent pour ses somptueuses compositions florales, d'autres pour ses magnifiques cuisines voûtées. Les ados, eux, se déplacent désormais pour l'i Pod vidéo ! Question de génération. Ce château visionnaire, qui s'est toujours nourri de l'innovation, a adopté le boîtier d'Apple en 2007 pour proposer deux visites inédites. La navigation est simple et le visiteur accède à des informations complémentaires, disponibles en… onze langues* ! Un atout indéniable pour le château privé le plus visité de France.
Au château royal d'Amboise, une centaine d'audio/visioguides flambants neufs offre au public une version interactive et enrichie avec des commentaires audio et vidéo qui mettent l'accent sur des éléments caractéristiques du site. Grâce à des visites spécifiques en langue des signes française ou en audio description, le public en situation de handicap moteur ou visuel peut visiter les parties non accessibles, comme la chapelle Saint-Hubert ou les salles du deuxième étage. Le contenu a par ailleurs été adapté aux 7-12 ans.
Le Clos Lucé et la forteresse royale de Chinon aussi…
Non loin de là, au Clos Lucé, la dernière demeure de Léonard de Vinci s'est mise aussi à l'heure numérique. A la différence de la découverte « vidéo-guidée » de Chenonceau, l'application i Phone et i Pad du Clos Lucé (gratuite) vise plutôt à préparer sa visite en amont ou à l'enrichir sur place. Là encore, les personnes à mobilité réduite ont un accès virtuel aux salles du premier étage. Autre innovation, enfin, à la forteresse royale de Chinon, où un livre-guide déclenche les bornes sonores et interactives via une puce électronique contenue dans sa couverture. Libre de votre parcours, ne vous reste plus qu'à activer avec cette puce les bornes situés dans les lieux ! Pas de doute, au pays des châteaux, le multimédia est désormais roi.
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